Le violoniste

C’est l’aurore, le monde tourne mais ne trouve que des ombres.

Le soleil d’avant jour se prépare, tout est sombre.

A l’horizon gris pâle, la cité se découvre,

Les pavés se réveillent, il titube le violoniste.

Les effluves se résorbent gentiment dans sa tête,

Des souvenirs se chevauchent, flous et vagues, il regrette

Son cerveau douloureux se révolte, il proteste.

A l’orée du coma, il vacille, le violoniste.

 

C’est le jour, le monde tourne mais ne trouve que des ombres.

Le soleil se pavane. Sous la couette, tout est sombre.

A l’horizon bleu pâle, le ciel au loin se couvre,

Le sommeil se répand, il abdique le violoniste.

Les images s’entrechoquent, les sons se répercutent

L’inconscient installe son empire dans la cahute.

Il se joue de toutes règles et malmène le modeste

Rêveur éthylique, il abdique le violoniste. 

 

C’est le soir, le monde tourne mais ne trouve que des ombres.

Le soleil fatigué se retire, tout est sombre.

A l’horizon rose pâle, la cité se recouvre,

Le plumard le rejette, il s’éveille le violoniste.

Le cerveau secoué, le ventre au bord des lèvres,

Les idées embuées, l’eau atténue la fièvre.

Le corps encore meurtri, il s’élance sous l’averse.

Au ruissellement du monde, il s’éveille, le violoniste

 

C’est la nuit, le monde tourne mais ne trouve que des ombres.

La lune en robe de bal se promène, tout est sombre.

A l’horizon s’empalent les ruelles qui s’entrouvrent,

Les foyers s’illuminent, il se presse le violoniste.

Les muscles déshydratés, les nerfs à fleur de peau,

Les pensées enfin claires, il répète son solo.

La musique le parcourt, il aime son air céleste.

Les cloches annoncent 20h, il se presse, le violoniste.

 

Hors du temps qui se perd dans les limbes de l’alcool,

Il traverse le bar l’air hagard, le violoniste.

On croit le reconnaître, on s’anime, on s’affole.

Lui évite les regards, peu bavard, le violoniste.

Enfin derrière la scène, la tension le bouleverse.

Les autres, déjà lancés, il s’imprègne, le violoniste.

L’univers l’envahit, l’ivresse le transperce,

Un instant, le voici, il s’avance, le violoniste…

 

C’est l’aurore, le monde tourne mais ne trouve que des ombres.

Le soleil d’avant jour se prépare, tout est sombre.

A l’horizon la scène, les mélodies s’enchainent,

Le public s’émerveille, il résonne le violoniste ! 

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